ARTHUR RIMBAUD, dites-moi à quelle heure je dois être transporté à bord

de Gérald Stehr
D’après la correspondance de Rimbaud
Triartis, 2018 – 10 €

« Si j’avais le moyen de voyager, sans être forcé de séjourner pour travailler et gagner l’existence, on ne me verrait pas deux mois à la même place. Le monde est très grand, et plein de contrées magnifiques que l’existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter.
Mais d’un autre côté, je ne voudrais pas vagabonder dans la misère, je voudrais avoir quelques milliers de francs de rentes, et pouvoir passer l’année dans deux ou trois contrées différentes, en vivant modestement, et en faisant quelques petits trafics pour payer mes frais.
Mais pour vivre toujours au même lieu, je trouverai toujours cela très malheureux. »

CHARLES DARWIN, DIT L’ATTRAPEUR DE MOUCHES

de Gérald Stehr
D’après la correspondance et autobiographie de Charles Darwin
Triartis, 2017 – 10 €

Au soir de sa vie, le célèbre naturaliste Charles Darwin établit sa biographie avec l’aide de son fils Francis.
Il se moque des programmes scolaires et universitaires  qui l’auront bien ennuyé et auxquels il attribue un « triple zéro ! », même à ceux de Cambridge… Il se souvient de son père qui le pousse à devenir médecin, puis clergyman, alors qu’il n’a qu’une passion depuis l’enfance : collectionner minéraux et insectes, classer tout ce qui peut s’étudier dans le domaine des sciences naturelles et de la biologie.
Engagé comme naturaliste durant cinq années à bord du Beagle, Darwin hérite du sobriquet d’attrapeur de mouches dont le qualifie ses compagnons d’expédition. Ce tour du monde maritime déterminera ses recherches et écrits sur l’évolution et la sélection naturelle des espèces vivantes.
Interrogé sur l’existence de Dieu, voire d’une intelligence supérieure à l’origine de toute création, en l’absence de preuves scientifiques, Darwin laisse entendre : « Ne reste que le doute… »

LA FERME DES ANIMAUX

Adaptation libre de Françoise Hamel
D’après l’œuvre éponyme La ferme des animaux de George Orwell
Triartis, 2017 – 10 €

1943-1944. George Orwell est à la table d’écrivain, en pleine écriture de son roman où il a décidé de relier l’art à la politique. Son texte n’est pas une simple fable animalière, bien qu’il les adore, mais une virulente critique de la révolution russe, de ses grandes figures historiques et des déviances de la société soviétique après les espoirs de 1917.
Dans la verte campagne anglaise, les animaux de la ferme, cochons, poules, moutons, âne, volatiles… décident de se révolter contre le joug de leurs maîtres, les humains. Ainsi le cochon Sage l’Ancien (inspiré par Lénine) théorise la République des animaux. L’égalité pour tous. Les cochons Boule de Neige (inspiré par Trotsky), et Napoléon le terrible (inspiré par Staline), mènent la danse. Leur beau chant de ralliement «  Bêtes d’Angleterre et d’Irlande »  entraîne vers l’espérance d’un âge d’or.
Mais peu à peu tout se dégrade, les cochons en chef se font dictateurs criminels qui imposent un travail forcené et non récompensé. Les animaux n’ont même plus le droit de s’appeler camarades. L’heure est aux règlements de comptes et aux compromissions.
Un constat politique terrible mais toujours avec la rigueur morale, la poésie, et la cocasserie de George Orwell. 

VICTOR HUGO EN EXIL

Adaptation de Françoise Hamel
D’après Actes et Paroles de Victor Hugo
Triartis, 2016 – 10 €

À la suite du coup d’État qui instaure le Second Empire, Victor Hugo est obligé de fuir la France. Un homme tellement ruiné qu’il n’a plus que son honneur, tellement dépouillé qu’il n’a plus que sa conscience, tellement isolé qu’il n’a plus près de lui que l’équité, tellement renié qu’il n’a plus avec lui que la vérité, tellement jeté aux ténèbres qu’il ne lui reste plus que le soleil, voilà ce que c’est qu’un proscrit. 
Mais l’exil lui permettra de se consacrer à l’écriture. Je trouve de plus en plus l’exil bon. Depuis trois ans, en dehors de ce qui est l’art, je me sens sur le vrai sommet de la vie. Ne fût-ce qu’à ce point de vue, j’aurais à remercier M. Bonaparte qui m’a proscrit, et Dieu qui m’a élu. Je mourrai peut-être dans l’exil, mais je mourrai accru. 
Au cours des vingt années que dure son exil, Hugo ne vieillit pas, il grandit. 

 

ALBUM DE LÀ-BAS

Adaptation libre de Gérard Bonal
D’après l’œuvre éponyme de Jeannine Worms
Triartis, 2016 – 10 €

Les années 1940. Paris occupé. La fuite. La traversée de l’Atlantique. Le port de Buenos Aires. L’exil d’une jeune fille accueillie par des amis argentins.
Elle découvre un pays insouciant des drames vécus outre-atlantique. Observe les diverses mentalités qui caractérisent les autochtones, les expatriés qui se sont acclimatés ou les exilés qui, comme elle, n’aspirent qu’à repartir pour l’Europe.
Le retour enfin dans Paris libéré. La jeunesse avide de musique, de rencontres, de retrouvailles… Une joie de courte durée. La voici rejetée par ceux qui ont subi quatre années de restrictions et de peurs.
Là-bas l’incompréhension, ici l’ostracisme. Un sentiment d’exil partout et toujours.